Bien-être en EHPAD : quand les soins sans médicaments changent le quotidien des seniors à Marseille

Trouver un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) qui prend en charge l’ensemble de la personne, et pas seulement ses pathologies, reste une préoccupation centrale pour de nombreuses familles. À Marseille, certains établissements misent sur des approches complémentaires aux traitements médicamenteux pour améliorer la qualité de vie des résidents. Ces interventions non médicamenteuses (INM) gagnent du terrain, portées par des équipes formées et des protocoles personnalisés.

Des approches concrètes pour prendre soin au-delà du médicament

Les INM recouvrent un large spectre d’activités : musicothérapie, art-thérapie, médiation animale, gymnastique douce, yoga, balnéothérapie ou encore jardinage thérapeutique. Leur objectif n’est pas de remplacer les traitements médicaux, mais de les compléter en agissant sur les capacités physiques, cognitives, émotionnelles et sociales des résidents. L’un des exemples les plus documentés à Marseille est celui de l’EHPAD La Villa des Poètes, dans le 10ᵉ arrondissement. Comme le détaille cet article sur un EHPAD à marseille engagé dans cette démarche, l’établissement propose une dizaine d’INM, dont des ateliers mémoire, la méthode Snoezelen (stimulation sensorielle par lumières, sons et odeurs) et la doll therapy, utilisée pour apaiser les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Des lunettes PSiO combinant luminothérapie et relaxation ont également été intégrées pour réduire l’anxiété et améliorer le sommeil.

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Cette démarche s’appuie sur un cadre structuré : les soignants sont sensibilisés dès leur arrivée, des formations spécifiques sont organisées, et chaque résident bénéficie d’un programme personnalisé intégré à son parcours de santé. Pour les équipes, ces pratiques permettent aussi de tisser une relation plus humaine avec les résidents, au-delà des gestes techniques du quotidien. 

Un contexte marseillais en mutation

La demande de places en EHPAD à Marseille reflète une tendance nationale : selon les données DREES, plus d’un tiers des résidents en EHPAD souffrent de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée, et 54 % sont très dépendants (GIR 1 ou 2). Face à ce constat, la Ville de Marseille et le CCAS ont remporté en avril 2025 un appel à projets de l’ARS et du Conseil Départemental pour construire un EHPAD public de 88 places dans les quartiers nord. Baptisé « Maison intergénérationnelle et solidaire », il intégrera des logements étudiants et des activités ouvertes au quartier, pour un investissement de 25 millions d’euros.

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Ce projet répond à un déséquilibre territorial réel : dans ces secteurs, l’offre médico-sociale pour les personnes âgées reste peu développée, et les tarifs d’hébergement, souvent autour de 80 euros par jour dans certains établissements marseillais, restent hors de portée pour les seniors aux revenus modestes. La future structure vise justement une tarification plus accessible.

À mesure que la population vieillit, avec des projections INSEE anticipant une hausse de plus de 30 % des situations de dépendance sévère d’ici 2050, la qualité de vie en établissement devient un enjeu de santé publique à part entière. Les INM s’imposent progressivement comme une réponse sérieuse, à condition d’être portées par des équipes formées et intégrées dans un projet de soins cohérent.

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