Dans certaines cultures et à certaines époques, des boissons spécifiques ont été utilisées comme moyens pour provoquer un avortement. Ces pratiques, souvent issues de savoirs traditionnels, impliquent l’utilisation d’herbes et de plantes censées induire une fausse couche. Bien que ces méthodes puissent sembler naturelles, elles comportent de nombreux risques pour la santé des femmes.
Au fil du temps, la médecine a pris le dessus sur ces recettes transmises sous le manteau. Aujourd’hui, les professionnels de santé déconseillent fermement ces procédés. Les infections, l’hémorragie, les complications sévères guettent celles qui s’y risquent, sans parler d’une efficacité jamais assurée. Face à une grossesse non désirée, il vaut mieux s’orienter vers des solutions encadrées, éprouvées, médicales.
Les boissons traditionnellement utilisées pour provoquer un avortement
Les remèdes de grand-mère pour interrompre une grossesse ne datent pas d’hier. Leur transmission s’est faite, génération après génération, souvent dans la plus grande discrétion. Parmi les ingrédients régulièrement cités, l’alcool s’impose. Prise en grande quantité, cette substance est supposée déclencher des contractions, mais les dégâts collatéraux pour la mère comme pour l’enfant sont loin d’être anodins.
Autre breuvage évoqué : la tisane de feuilles de framboisier. Certaines praticiennes, dont Elisabeth Nahim, la recommandent pour faciliter l’ouverture du col de l’utérus. Mais si ses effets sont vantés dans certains cercles, ils restent flous sur le plan scientifique et la sécurité n’est jamais garantie.
Substances et produits couramment associés
Voici quelques produits régulièrement évoqués dans ces pratiques, avec leurs risques spécifiques :
- Coca-Cola : Sa caféine, consommée en excès, serait capable de provoquer une fausse couche. Mais les risques liés à la caféine et aux additifs sont bien réels pour une femme enceinte.
- Ibuprofène : Ce médicament peut entraîner une fausse couche s’il est pris durant les 20 premières semaines de grossesse. Les dangers, eux, sont bien documentés.
- Vitamine C : Certaines la prennent en quantité pour éviter une grossesse, la considérant comme une alternative à la pilule du lendemain. Mais rien ne prouve son efficacité, et aucun médecin ne la recommande pour cela.
Les conséquences de ces méthodes sont multiples, souvent graves. L’alcool, par exemple, est directement relié au syndrome d’alcoolisme fœtal (SAF) et aux effets de l’alcool sur le fœtus (EAF) : le fœtus partage exactement le même taux d’alcoolémie que la mère, avec à la clé des séquelles lourdes et irréversibles.
Face à tous ces risques, recourir à des méthodes médicalement contrôlées reste la seule voie prudente quand il s’agit d’interrompre une grossesse.
Les risques et dangers associés à ces pratiques
L’alcool, utilisé comme déclencheur d’avortement, met en jeu la santé de la mère comme celle de l’enfant à naître. Le syndrome d’alcoolisme fœtal (SAF) touche entre 1 et 3 nourrissons sur 1 000. Les séquelles vont de malformations du visage à des troubles du développement. Le fœtus encaisse directement l’alcool ingéré par sa mère, ce qui aggrave les dangers.
L’ibuprofène, pris lors des premières semaines de grossesse, augmente le risque de fausse couche. Ce médicament peut perturber le développement du cœur et des reins du fœtus. Pour la mère, des pertes de sang importantes et des douleurs sévères peuvent survenir.
Quant à la tisane de feuilles de framboisier, si elle est souvent vantée pour faciliter l’accouchement, elle peut aussi provoquer des contractions trop précoces. Les conséquences possibles ? Accouchement prématuré, hémorragies…
| Substance/Produit | Risques pour la mère | Risques pour le fœtus |
|---|---|---|
| Alcool | Saignements, douleurs | SAF, EAF |
| Ibuprofène | Saignements, douleurs | Complications cardiaques et rénales |
| Tisane de feuilles de framboisier | Hémorragie | Naissances prématurées |
La consommation excessive de Coca-Cola, via la caféine et les édulcorants, n’est pas anodine non plus. Insomnies, palpitations, troubles métaboliques pour la mère ; faible poids de naissance et atteintes neurologiques pour le fœtus. Le danger se cache parfois là où on s’y attend le moins.
Les alternatives médicales sécurisées
La loi française, grâce à Simone Veil et au texte voté le 17 janvier 1975, a ouvert la voie à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans un cadre strict et médicalisé. Jusqu’à la 14ème semaine de grossesse, deux méthodes sont possibles :
- IVG médicamenteuse : Elle combine mifepristone (qui bloque la progestérone) et misoprostol (qui déclenche les contractions). Pratiquée dans les délais, son taux de réussite dépasse 95 %.
- IVG chirurgicale : Il s’agit de l’aspiration, réalisée sous anesthésie, locale ou générale. Cette technique est proposée si la voie médicamenteuse ne convient pas ou a échoué.
Pour celles qui vivent dans des pays où l’IVG reste interdite, certaines organisations internationales comme Women on Web apportent des informations fiables et un soutien médical à distance. Ces plateformes permettent d’accéder à des médicaments abortifs dans des conditions sécurisées et discrètes.
Les professionnels de santé, médecins, sages-femmes, sont là pour accompagner chaque femme dans son parcours, répondre à ses questions, anticiper les complications. Leur accompagnement, avant comme après l’intervention, fait toute la différence. Un suivi personnalisé reste la meilleure garantie de sécurité.
Les conseils et ressources pour les femmes en situation de détresse
Selon l’Inserm, 20 % des femmes continuent à boire de l’alcool pendant leur grossesse, malgré la connaissance des risques. Pour celles qui se sentent isolées ou en difficulté, il existe des relais pour ne pas rester seule face à ses questions.
- Professionnels de santé : Les médecins et sages-femmes offrent un accompagnement individualisé et des réponses précises. Leur expérience permet de naviguer au mieux dans ce type de situation.
- Centres de planification et d’éducation familiale : Ces structures proposent des entretiens, des conseils et une orientation vers les solutions adaptées à chaque cas.
- Lignes d’écoute téléphoniques : Des numéros comme le 0 800 08 11 11 (IVG, contraception, sexualité) sont accessibles pour une aide immédiate et confidentielle.
Ressources en ligne et associations
Sur internet, des plateformes comme Women on Web proposent des consultations médicales à distance et des informations sur l’IVG médicamenteuse, spécialement utiles dans les pays où l’avortement reste restreint. Les associations telles que Le Planning Familial offrent de leur côté un soutien psychologique et des ressources éducatives.
| Organisation | Services |
|---|---|
| Women on Web | Consultations médicales en ligne, accès aux médicaments abortifs |
| Le Planning Familial | Soutien psychologique, informations sur la contraception et l’IVG |
On trouve également des groupes de discussion et forums en ligne pour échanger, s’informer et sortir de l’isolement. Quand le silence pèse, ce sont parfois ces espaces de parole qui permettent de reprendre le contrôle. Une main tendue, même virtuelle, peut changer le cours d’une histoire.


