Patte d’oie genou ou ligament interne abîmé : faire la différence

Confondre une douleur sur le côté interne du genou avec une atteinte ligamentaire reste fréquent, même chez les sportifs expérimentés. Pourtant, la prise en charge varie selon l’origine exacte de la gêne, et une erreur de diagnostic peut retarder la récupération.

Certains symptômes se chevauchent, brouillant la frontière entre tendinite de la patte d’oie et lésion du ligament collatéral médial. Les facteurs de risque, les causes et les traitements diffèrent sensiblement, rendant indispensable une évaluation précise par un professionnel. S’informer permet d’orienter la démarche vers une solution adaptée et d’éviter des complications inutiles.

Patte d’oie ou ligament interne : comment différencier les douleurs du genou et comprendre leurs causes ?

Une douleur sur la partie interne du genou ne survient jamais par hasard. Lorsqu’elle se manifeste, elle signale souvent une tendinite de la patte d’oie ou une lésion du ligament collatéral médial, deux situations bien distinctes, même si la gêne se ressemble parfois. Tout démarre par un interrogatoire précis et un examen clinique attentif.

La tendinite de la patte d’oie, par exemple, touche l’insertion des tendons du sartorius, du gracile et du semi-tendineux, juste en dessous de la face interne du genou. Chez les coureurs, elle se traduit souvent par une gêne lors de la montée ou la descente des escaliers, et s’accentue après des efforts prolongés. L’inflammation peut s’accompagner d’une bursite, rendant la zone très sensible au toucher. La douleur est généralement bien localisée, accentuée à la palpation, sans donner l’impression que le genou va lâcher.

À l’inverse, une atteinte du ligament collatéral médial se produit le plus souvent après un traumatisme latéral, comme un tacle mal encaissé ou un mauvais appui sur terrain instable. Là, la douleur est vive, parfois brutale, souvent associée à un sentiment d’instabilité. L’examen retrouve une gêne nette lors des mouvements latéraux, parfois un œdème, plus rarement des bleus marqués.

Tableau comparatif des symptômes

Atteinte Déclencheur Sensibilité Stabilité du genou
Tendinite patte d’oie Effort répété, surmenage Localisée, à la palpation sous le genou Conservée
Lésion ligament collatéral médial Traumatisme, choc latéral Diffuse, sur le trajet ligamentaire Parfois diminuée

Dans certains cas, la douleur interne du genou trahit d’autres troubles. Il n’est pas rare qu’une arthrose débutante ou une atteinte méniscale médiale fasse irruption, en particulier chez les personnes plus âgées ou ayant déjà connu des soucis articulaires.

Femme assise dans un parc massant son genou droit

Reconnaître les symptômes, soulager la douleur et savoir quand consulter un spécialiste

Pour distinguer une tendinite de la patte d’oie d’une lésion du ligament collatéral médial, il faut s’attarder sur le contexte d’apparition et la zone de la douleur. La première se développe progressivement, gênant surtout lors des flexions ou des efforts comme la course ou la montée des marches. La seconde se déclare le plus souvent de façon brutale, à la suite d’un choc ou d’un mouvement de torsion, parfois avec la sensation d’un craquement ou d’un genou qui se dérobe.

Voici les signes qui doivent vous mettre sur la voie :

  • Douleur vive sur la face interne du genou, pouvant s’accompagner d’un gonflement
  • Limitation des mouvements et difficulté à poser le pied au sol
  • Sensation d’instabilité ou d’articulation moins stable qu’à l’accoutumée

Dans toutes ces situations, il vaut mieux lever le pied sans attendre : repos, application de glace et parfois quelques jours sous antalgiques ou anti-inflammatoires permettent de calmer l’inflammation.

Pour une tendinite de la patte d’oie, la prise en charge repose aussi sur la rééducation : renforcement progressif des muscles ischio-jambiers et adducteurs, travail de mobilité et conseils pour éviter la récidive. En cas de lésion ligamentaire, une immobilisation partielle peut être indiquée, suivie d’une rééducation ciblée afin de retrouver une bonne stabilité articulaire.

Si la douleur s’installe, que l’œdème ne régresse pas ou qu’une déchirure ligamentaire est suspectée, il ne faut pas tarder à consulter un professionnel de santé. Un examen approfondi, voire une IRM, guidera alors le traitement pour accélérer la récupération et limiter les séquelles.

Genou douloureux, hésitation à reprendre l’activité, crainte d’aggraver la blessure : autant de signaux à écouter. Mieux vaut s’arrêter et consulter que forcer et compromettre durablement le plaisir de bouger.

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