Complémentaire santé solidaire : plafonds 2026, bénéficiaires et hausse des cotisations

Près de 8 millions de personnes sont couvertes par la Complémentaire santé solidaire (C2S) en France, et les plafonds de ressources pour y accéder ont encore été revalorisés au 1er avril 2026. Pendant ce temps, les cotisations des contrats de mutuelle santé continuent d’augmenter, rendant ce dispositif d’aide encore plus stratégique pour les ménages modestes.

La C2S en 2026 : qui peut en bénéficier et à quelles conditions ?

La Complémentaire santé solidaire, qui a remplacé en 2019 la CMU-C et l’ACS, couvre la part des frais de santé laissée à la charge de l’assuré après remboursement de l’Assurance Maladie : consultations, médicaments, hospitalisation, soins dentaires, optique et certaines aides auditives. Selon le niveau de revenus du foyer, elle est entièrement gratuite ou accessible pour moins d’un euro par jour et par personne.

Depuis le 1er avril 2026, les plafonds ont été relevés par arrêté ministériel. En métropole, une personne seule peut prétendre à la C2S gratuite si ses ressources annuelles ne dépassent pas 10 421 euros, et à la C2S avec participation financière jusqu’à environ 14 069 euros. Pour un foyer de deux personnes, ces seuils passent respectivement à 15 632 euros et 21 103 euros. Les plafonds applicables dans les DOM sont légèrement plus élevés : 11 599 euros pour la version gratuite, contre 15 659 euros pour la version avec participation, pour une personne seule.

Le calcul s’appuie sur les ressources perçues durant les 12 mois précédant l’avant-dernier mois de la demande, en intégrant salaires, pensions, allocations et aides financières régulières. Le RSA, l’AAH et l’ASS sont en revanche exclus du calcul. La demande peut se faire en ligne via le compte Ameli ou par courrier auprès de la caisse d’Assurance Maladie.

7,94 millions de bénéficiaires, mais un non-recours persistant

Fin décembre 2025, 7,94 millions de personnes étaient couvertes par la C2S, soit une progression de 856 400 bénéficiaires depuis octobre 2019. Les bénéficiaires de la version gratuite sont en moyenne plus jeunes (28 ans), tandis que ceux de la version avec participation financière sont plus âgés, avec un tiers d’entre eux dépassant 60 ans. Les femmes y sont davantage représentées, notamment du fait des familles monoparentales. Géographiquement, les taux sont particulièrement élevés en Seine-Saint-Denis (23 %), dans le sud de la France, et dans les territoires d’outre-mer (entre 29 et 50 %).

L’état de santé de cette population est globalement plus fragile que celui des autres assurés : prévalence plus forte du diabète, des maladies cardio-neurovasculaires et psychiatriques, moindre participation aux campagnes de dépistage. Les dépenses de santé remboursées par l’Assurance Maladie pour les bénéficiaires de la C2S de moins de 70 ans atteignaient 20 milliards d’euros en 2023, soit 17 % du total national.

Malgré ces chiffres, le non-recours reste un enjeu réel. Des travaux publiés en février 2026 par l’EN3S identifient plusieurs freins : complexité des démarches, méconnaissance des droits, crainte de stigmatisation, barrières linguistiques, et ruptures de couverture liées aux parcours professionnels discontinus. Les recommandations portent notamment sur la simplification des renouvellements, le développement d’une communication ciblée aux moments clés.

Des cotisations en hausse continue, un marché sous tension

En 2024, les organismes complémentaires ont collecté 46,5 milliards d’euros de cotisations en santé, soit une hausse de 8,2 % par rapport à 2023, la plus forte progression depuis 2012. En parallèle, les prestations versées aux assurés ont atteint 36,8 milliards d’euros, représentant 79 % des cotisations collectées, contre 81 % l’année précédente.

En 2026, les hausses de cotisations se poursuivent, avec des estimations variant entre 2,5 % et 8 % selon les contrats, et des situations encore plus défavorables dans certains cas. Plusieurs facteurs structurels l’expliquent : augmentation des dépenses de soins courants, transferts de charges croissants de la Sécurité sociale vers les complémentaires, et vieillissement de la population. Le reste à charge moyen des ménages s’établissait à 292 euros par habitant en 2024, contre 276 euros en 2023. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a introduit un encadrement des cotisations, mais les organismes ont tout de même appliqué des hausses dès janvier 2026.

Dans ce contexte, vérifier son éligibilité à la C2S avant de souscrire ou de renouveler un contrat individuel reste une démarche utile, en particulier pour les ménages dont les revenus se situent près des seuils. Un simulateur est accessible sur mesdroitssociaux.gouv.fr.

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